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Kosovo : une bombe à retardement


Par François GREMY
Le 01/04/1999

En février 98, des civils albanais sont massacrés par les forces serbes dans la région de la Drenica au Kosovo, signe évident d'un conflit qui s'enlise entre indépendantistes albanais et autorités serbes. L'Europe témoigne alors de son mécontentement mais reste ancrée dans son immobilisme habituel.



L'UCK (Armée de Libération du Kosovo) s'organise et recrute par centaines des jeunes volontaires radicalisés par la répression serbe. De leur coté, les Serbes fignolent leurs chars et détruisent au passage quelques villages. Rien de bien grave à en juger par la non-intervention de l'Europe. Une nouvelle fois la France, l'Angleterre et l'Allemagne (membres européens du groupe de contact) se trouvent confrontés à cette région qui souligne merveilleusement l'inexistence d'une Europe politique. Il faut attendre les massacres de Racak en janvier dernier et surtout une forte pression des Etats-Unis pour que l'Europe réagisse enfin, en organisant la conférence de Rambouillet. Mais cette rencontre entre représentants albanais et serbes, la première du genre, se traduit par un échec, faute de pression crédible de l'OTAN sur la Serbie.

Les accords de Rambouillet n'ont rien résolu. L'Europe a assuré un service minimum qui risque de déboucher sur une catastrophe. Cette pseudo-autonomie " substantielle " accordée aux Albanais pour une durée de trois ans et qui ne laisse pas présager une indépendance au terme de celle-ci n'enrayera sûrement pas le conflit. Au contraire, malgré la présence de la force d'intervention armée, Albanais du Kosovo et Serbes risquent de s'engager dans une course effrénée à l'armement. Les uns pour acquérir par la force ce que les Etats-Unis et l'Europe leur refusent et les autres pour défendre leurs frontières. La force d'intervention armée de l'OTAN en Macédoine ne pourra vraisemblablement que constater, impuissante, les effets des décisions discutables de la communauté internationale. Si la paix est maintenue les trois prochaines années, ce qui est peu probable au vu des événements actuels, le problème se posera de nouveau, les mêmes acteurs, les mêmes revendications, les mêmes haines mais appuyés par une force de frappe bien plus importante, qui risquerait d'étendre le conflit au-delà des seules frontières de la Serbie.

Ainsi, la communauté internationale, et surtout l'Europe, hantée par le spectre (improbable) de la grande Albanie et par le fantasme selon lequel une modification des frontières en Serbie déclencherait un mouvement similaire dans d'autres parties du continent, ont préféré rejeter l'éventualité l'option de l'indépendance du Kosovo. Pourtant la relative stabilité politique en Macédoine depuis octobre 1998 et le désintérêt du peuple en Albanie pour les rêves de "grandeur", à cause notamment d'une conjoncture économique précaire, font de l'instant présent un moment propice pour déclarer l'indépendance, sans débordement dans la région.

 
 
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