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Tchiatoura (Géorgie), grève massive et attentisme politique – Reportage


Par Giorgi GOGUA
Le 01/11/2012

Les mines d’extraction de Tchiatoura sont exploitées par la Georgian Manganese Holding –dont la société propriétaire est basée en Ukraine– depuis 2006. Or les ouvriers, et davantage les mineurs, semblent évoluer dans une époque antérieure. Ce photoreportage nous fait partager la journée des ouvriers en grève du 18 octobre 2012.



 
Le 15 octobre 2012, les quelques 3700 travailleurs de la mine et du complexe industriel se sont mis collectivement en grève. Le mouvement, qui pour l’instant se passe de syndicats, réclame des droits qui, manifestement, ne vont pas de soi: de meilleurs salaires, des congés adaptés à la pénibilité de leur métier, une sécurité de base dans leurs lieux de travail hors d’âge, une retraite digne, etc. Un bras de fer s’est installé entre ouvriers et politiques dans un contexte post-électoral ambigu. Le nouveau Parlement et le nouveau gouvernement géorgiens entendront-ils leurs revendications négligées depuis des années, ou maintiendront-ils le cap de l’attraction prioritaire des investisseurs étrangers, au prix de droits sociaux pourtant fondamentaux pour la main d’œuvre géorgienne?


1. Le complexe industriel d’extraction de manganèse, à Tchiatoura, est dans un état de vétusté avancé. Le matériel date de la période soviétique, ce qui accroît les risques et la pénibilité au travail des mineurs et des ouvriers.


2. Les vestiaires.


3. Les douches communes, passage obligatoire en fin de journée, résument à elles seules les conditions de travail de ces travailleurs: aucune norme élémentaire de sécurité ni d'hygiène n’y est respectée.


4. L’absence de sécurité, la pénibilité, les bas salaires ainsi que bien d’autres droits sont au centre des revendications des 3700 travailleurs de l’usine Georgian Manganese Holding, qui manifestent en masse à Tchiatoura.


5. Le représentant ukrainien de la société propriétaire de l’usine, en combinaison orange, est venu écouter les ouvriers, accompagner de deux députés nouvellement élus. Tous demandent aux grévistes de patienter, en attendant que le nouveau Parlement se rassemble autour de ces questions. Les travailleurs ont promis de maintenir la pression en poursuivant la grève.


6. Des étudiants de Tbilissi, en soutien aux grévistes, manifestent le 22 octobre 2012 devant le parlement, à Koutaïssi, pour dénoncer les conditions effroyables de travail et pour réclamer une réforme du Code du travail (auteur: Laboratoire 1918, 22 octobre 2012).


7. Après deux semaines de grève, l’usine comme la ville de Tchiatoura sont en partie paralysées. Tous les regards sont désormais tournés vers le nouveau gouvernement de Bidzina Ivanichvili et vers les syndicats, très faibles en Géorgie, malgré l’urgente nécessité de reconsidérer le droit du travail sous tous les angles.

Vignette: Quelques grévistes ont entamé une grève de la faim, enfermés dans la mine. Des étudiants de Tbilissi, de l’association militante Laboratoire 1918, sont venus les soutenir directement dans la mine. (Laboratoire 1918, Tchiatoura, 22 octobre 2012).
 
 
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