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“Le chou”, le prêt à porter hivernal
Dossier : "Froid"


Par Katia BOUKINA
Le 01/01/2003

Le style vestimentaire le plus populaire des Russes en hiver est “le chou”. Pour se réchauffer, il est incontournable de porter plusieurs vêtements les uns sur les autres. Difficile alors d’allier élégance et efficacité dans la lutte contre le froid.



Un couple d’adolescents dans une chambre à coucher. Ils s’habillent, à 6 heures du matin, chronométrant leur performance. C’est une séance d’entraînement pour savoir s’habiller vite quand les parents rentrent à la maison. Après un premier essai infructueux, le couple répète l’exercice. A la fin, ils parviennent à s’habiller en une seconde, et sont désormais prêts à affronter une rencontre avec les parents, même dans les moments les plus inattendus.

“Cérémonie chinoise’’

L’histoire est celle d’une publicité pour une marque de jeans américains “qui n’exigent pas de temps pour s’habiller”. Mais malgré tout, cette marque de jeans n’est pas devenue populaire en Russie. Peut-être parce que l’habillement en Russie, l’hiver, est une “cérémonie chinoise’’ qui exige de prendre son temps. Il n’existe pas sur terre de vêtements chauds à enfiler rapidement.

Pour commencer, on enfile des collants de laine, qui piquent la peau “agréablement”, sous le pantalon. Bien que les collants finissent parfois “soudés” par le gel aux genoux, les femmes n’hésitent pas à porter des jupes courtes. Sous les jupes, on superpose deux culottes de laine et un caleçon court (ou à défaut des vieux collants de laine coupés). Pour ne pas ressembler à un accordéon, la laine de la jupe doit être plus solide que tout ce qui se trouve en dessous.

Les femmes parviennent aussi à porter des chaussures au “nez pointu” très en vogues à Moscou mais inventées pour l’automne italien: elles les choisissent deux tailles plus grandes pour pouvoir mettre en dessous deux paires de chaussettes. Certaines femmes portent aussi des “itouzy”, des caleçons en grosse laine tricotés par les grand-mères. A première vue, pas très esthétiques, les femmes russes savent les porter sous le dernier tailleur “Gucci”.

Parmi les hommes, les caleçons de laine peignée sont assez populaires. En revanche, les hommes ne portent pas de collants même par -30º, considérant que c’est une prérogative féminine. Certains hommes portent les mêmes jeans en été et en hiver, arguant que seules les femmes peuvent changer leurs vêtements “aussi souvent”.

Rhume des fesses

Passons plus haut. Trois pulls superposés suffisent à se réchauffer, et vous pouvez en enlever selon la température du logis où vous entrez. Un beau petit blouson de jeans avec de la fourrure artificielle ou une “doublionka” (peau retournée) jusqu’au nombril fera de vous une personne élégante, bien que sous toutes ses couches, vous soyez un peu plus large qu’en été. Qu’à cela ne tienne: vous vous rapprochez des héros des contes nationaux – de Snegourochka ou de Ded Moroz (le père Noël et sa petite-fille). Si vous avez décidé d’acheter un manteau plus chaud, le critère le plus important après l’élégance sera sa longueur: le manteau doit obligatoirement cacher les fesses pour se protéger du fameux “rhume des fesses”, hantise de toute femme russe.

Et enfin la tête. Malgré les fameuses chapkas, c’est une chose que les Russes protègent mal. Les chapeaux en vente sont très démodés, et ceux qui sont beaux ne tiennent pas chaud. Difficile de porter trois chapeaux l’un sur l’autre pour réchauffer ses pensées! Il est de toute façon impossible de penser par -20º. Alors à quoi bon abîmer sa coiffure!


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Les Valenkis appartiennent au passé

La température en hiver à Moscou est d’environ –10/-20º. Difficile dans ces conditions d’allier élégance et efficacité. On peut bien sûr porter des combinaisons de ski ou des vêtements de sport. Mais la perspective de ressembler à un ours lourdaud ne séduit guère les Russes présomptueux.

Quant aux “oushanka” (chapka à oreilles), “telogreïka”(manteau court) ou “valenki” (bottes en feutre), ces accessoires appartiennent au passé. Même le musée des “valenki” à Moscou n’est pas très fréquenté, et les rares visiteurs sourient de ces bottes rustiques. A Moscou, on porte les même vêtements “Benetton” ou “Mango” qu’ailleurs, mais on n’a pas encore inventé les “Benetton –20” ou le “Mango version Moscovite”. Et seules les personnes riches peuvent se permettre d’acheter une pelisse de fourrure naturelle – castor, renard, vison ou chinchilla. Les Moscovites doivent donc adapter les vêtements, élaborés pour l’hiver européen aux conditions sévères du climat russe.
 
 
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