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Géorgie: Loi contre les symboles des régimes totalitaires passée

par Sophie Tournon

Le Parlement géorgien vient d’adopter un amendement à l’ensemble de lois dit Charte de liberté, de mai 2011, confirmant l’illégalité des «symboles, monuments, statues, inscriptions et noms de lieux publics contenant des éléments de l’idéologie communiste ou fasciste».

La Charte de Liberté comprenait un ensemble de disposition limitant les libertés des citoyens dans certains domaines sensibles. Dans le volet sur la liberté d’expression, tout ce qui est lié à l’ère soviétique sera désormais interdit et rendu illégal. L’extension de cette limitation aux symboles nazis, absurde au vu de l’histoire géorgienne, tient au principe de lier intrinsèquement le régime communiste au régime hitlérien, ces deux n’en faisant dès lors officiellement plus qu’un: le totalitarisme. Cette charte prévoyait à son origine la création d’une Commission d’Etat chargée de rassembler les informations sur tous les symboles incriminés, chose jamais réalisée jusqu’à présent.

L’amendement adopté le 27 novembre 2013 renforce cette loi antitotalitaire et donne deux mois à partir de son adoption pour que la Commission soit enfin formée. Une telle réaction s’explique par l’accumulation de cas de restauration de statues de Staline dans différents villages et villes de Géorgie. Ces retours des statues municipales soviétiques sont souvent le fait d’associations de défense de la mémoire du Petit père des peuples et de citoyens «amoureux» de leur héros national, qui considèrent que tous les méfaits et crimes du chef de l’URSS sont au mieux des broutilles au vu de ses victoires militaires et socio-économiques, au pire des mensonges teintés de sentiments anti-géorgiens…

La figure de Staline en Géorgie est un sujet d’étude en soi, tant l’homme et la légende qui l’entoure font l’objet d’une appropriation symbolique plus que purement politique par les Géorgiens. Cette loi semble alors bien sèche dans son application, car les Géorgiens n’ont jamais réellement eu de vision autre que patriotique et sentimentale envers «leur» Staline. Beaucoup souhaitent aller plus loin qu’une simple interdiction, souvent risque de réactions contraires. L’éducation, des débats publics et un procès d’ensemble sont des outils nécessaires pour que cette loi puisse être comprise, acceptée et mieux appliquée. Par ailleurs, certains s’inquiètent d’une destruction de tous les symboles soviétiques, ouvrant une chasse plus large à toute œuvre architecturale datant de cette époque et attentant ainsi à un patrimoine sans égards pour l’aspect esthétique ou culturel de certains symboles…

Dépêche publiée le 03/12/2013

Zone : Caucase







 
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