Revue - REGARD SUR L'EST
Regard sur l'Est, revue en ligne
Dernière mise à jour le 17/08/2017 - 21:14 Paris


Asie centrale
Balkans
Caucase
Etats baltes
Peco
Russie


Tous les dossiers


Contact
Ligne éditoriale


 

 

Itinéraires baltes


 

Lituanie: Prier les médias d’annoncer des nouvelles positives

Par Céline Bayou (sources: Delfi.lt, BNS)

Trois membres de la coalition gouvernementale au pouvoir en Lituanie, tous issus de l’Union des paysans et des verts, ont déposé un projet de loi prévoyant de forcer les médias à assurer que la moitié au moins des nouvelles diffusées soient des informations «positives».

La démarche a suscité une telle vague de critiques et d’accusations de censure que Dovilė Šakalienė, représentante du Parti au Parlement et l’une des initiatrices de cette proposition, a dû se résoudre à retirer l’amendement, en commentant, sur sa page Facebook: «Il n’y aura aucun amendement. Le Cheval de Troie est démonté

Le projet consistait à imposer, outre une moitié d’informations souriantes, que celles-ci soient placées en une des journaux et en début d’émission de radio et de télévision. Les trois députés estiment en effet que les médias lituaniens se préoccupent trop d’affaires de corruption, de conflits d’intérêts ou d’autres problèmes. Pour eux, cette dominante négative sur les canaux de communication politique a un effet néfaste sur la population, qui dit ne plus avoir confiance dans les institutions du pays et préfère se tenir à l’écart de la politique. Les Lituaniens se déclarent en outre peu confiants dans les médias et dans les informations qu’ils diffusent.

Le président de l’Union des journalistes de Lituanie, Dainius Radzevičius, après avoir ri de cette initiative, l’a ensuite qualifiée de «théâtre de l’absurde». Avant de rappeler que la question relève de la Constitution et non d’un simple amendement. Même le Premier ministre, Saulius Skvernelis, s’est étonné de cette suggestion et a rappelé que personne, pas même les politiques, n’est habilité à réguler le contenu des médias, déjà soumis à un code d’éthique.

La politiste Rima Urbonaitė a saisi l’occasion pour lancer un débat sur la question de la liberté d’information. Elle a souligné qu’avec un tel règlement, elle ne voyait pas trop comment présenter l’information. Devrait-on évoquer un acte terroriste épouvantable comme on présenterait un concours de dessins d’enfants? Et de s’étonner que de telles idées puissent venir à certains, qui reviennent de fait à contrôler les médias et à leur lier les mains. Cela pourrait, selon elle, rappeler le comportement des médias en Russie, qui n’annoncent aucune mauvaise nouvelle ou, quand ils le font, la transforment en bonne nouvelle puisque Vladimir Poutine a déjà résolu le problème.

Dépêche publiée le 18/03/2017

Zone : Etats baltes







 
République tchèque: happening protestataire à la galerie Mánes
16/08/2017
Russie: les bibliothèques d’Arkhangelsk appelées à se débarrasser des livres acquis grâce à la fondation Soros
13/07/2017
République serbe de Bosnie: action en soutien à R.Mladic le jour de la commémoration du massacre de Srebrenica
13/07/2017
ARYM/Bulgarie: recherche d'un financement commun du corridor de transport n°8
11/07/2017
Estonie: S. Mikser assure l’Italie de son soutien dans la crise des migrants
09/07/2017
Bosnie-Herzégovine: Milorad Dodik sommé de s'expliquer par le ministre de la Sécurité
09/07/2017
Russie: quand le méthane s’échappe du sous-sol de Iamal
09/07/2017
 
Droits de reproduction et de diffusion réservés Regard sur l'Est 2017 / ISSN 2102-6017